Destinés au confort et à l'entretien de la famille, les kilims étaient surtout « l'affaire des femmes ».
Chaque femme en effet, dès le plus jeune âge, apprenait à confectionner textiles et kilims à côté de sa mère et d'autres membres de la famille.
Elle préparait ainsi son « trousseau de tissages » qui lui servait tout au long de sa vie.
Au cours de son enfance et de son adolescence, en effet, elle file, crée sa teinture, tisse, coud et brode à la main les différents éléments nécessaires à la vie quotidienne de la famille.
· Des coffres (Mafrash) pour y mettre ses vêtements, ceux de la famille et le matériel de couchage…
· des sacs à « selle » (Khorgine) destinés à porter de lourds fardeaux sur le dos des ânes, chevaux ou chameaux, à conserver le sel (Namaktan), les provisions, les couverts, l'argent, les bijoux, les nécessaires à coudre ou à tisser…
· Des nappes (Soffreh), longues utilisées pour les repas ou le thé, ou carrées, destinées à protéger la farine ou la pâte à pain…
· Des couvertures ou tentures appelées Djajim
En fait, tous les éléments indispensables à la vie de tous les jours.
1. Mafrash (coffre) : peut-être l'élément principal et le premier élément tissé par la jeune fille promise en mariage. Le Mafrash est un textile à trois dimensions qui a la même fonction que les coffres dans les maisons citadines ou villageoises, ils sont considérés comme l'article de ménage le plus important car ils servent à ranger les vêtements, les étoffes, la vaisselle, ainsi que bien d'autres effets. Il est absolument nécessaire à la jeune fille sur le point de se marier d'avoir une paire de Mafrash, l'un pour les vêtements, l'autre pour le matériel de couchage et autres objets.
2. Soffreh (nappe) : bien que la technique de tissage soit identique à celle des kilims, ces tissus ne sont pas destinés à être utilisés comme tapis, ce sont des sortes de nappescarrées ou rectangulaires. Il y a deux sortes de soffreh, l'un servant pour la farine ou le pain (des carrés d'1m10 environ). On y enveloppe, aussi, le pain lorsqu'il est cuit.
L'autre est le tissu sur lequel le repas est servi. Il est long et étroit, et ses dimensions dépendent du nombre de personnes dans la famille ainsi que de la position sociale du propriétaire. Il se doit d'être aussi simple et pur que possible, et être fait de laine non souillée par la teinture. Ses motifs, simples également, indiquent l'emplacement des plats.
3.Jajim ou Djajim (couverture) : l'utilisation du Jajim est multiple. Certaines tribus en font de longs manteaux pour les hommes, d'autres des couvertures pour les chevaux, mais leur utilisation la plus courante est la couverture garnie de feutre et doublée d'un tissu en coton.
4. Khorgine (poche, sac ou sac à selle) : Ils peuvent être de toute taille et servent à ranger ou à transporter tous les objets utiles au quotidien. Les plus grands conservent les aliments ou les marchandises. |